
Alors que s'achève la conférence de Cancun, des télégrammes diplomatiques américains obtenus par WikiLeaks et publiés hier par Le Monde montrent que l'échec du sommet de Copenhague, il y a un an, a conduit plusieurs responsables européens à s'interroger sur le cadre des négociations sur le climat.
Une note de février 2010 relate ainsi une discussion entre Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Ecologie, et l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris. Selon ce câble, le ministre français explique à son interlocuteur que "la clé pour faire avancer les négociations sur le climat est d'abandonner l'idée d'un traité légalement contraignant en faveur d'un système d'engagements nationaux".
OGM
dorénavant, le pire commence BP
La pire Marée noire
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Le géant sud-américain a réduit cette année à 5.000 km2 la superficie de forêt vierge partie en fumée, son minimum historique, contre 27.000 km2 en 2004, année record dans l'autre sens. Cela lui a permis de réduire de plus de 30% ses gaz à effet de serre, selon le gouvernement.
Nathalie Kosciusko-Morizet et Raila Amolo Odinga, Premier ministre kenyan ont annoncé le lancement de l’initiative franco-kényane visant à accélérer le versement des financements dédiés aux énergies propres promis à Copenhague.
Le but est de garantir et de maximiser les flux de financement consacrés à la production, à la distribution et à la connectivité des énergies propres dans les pays les plus vulnérables aux changements climatiques, notamment en Afrique.
L’initiative franco-kényane vient compléter le partenariat EU-Afrique sur l’énergie. Elle s’inscrit également dans la continuité du travail effectué dès Copenhague dans le cadre du plan Justice-Climat et de l’initiative « Energizing Africa ».
Ce nouveau partenariat mondial a pour objectif :
- de créer un livre blanc sur la stratégie, pays par pays, d'accès de 100 % des populations à l’énergie dans les pays les plus vulnérables d’ici 2030 ;
- de faciliter la mobilisation des financements précoces (« fast-start ») : en créant un registre recensant les financements et les actions du démarrage rapide, pour l’adaptation et l’atténuation, en identifiant les manques et en évitant les doubles comptes.
- de travailler à la mise en place de financements innovants pour l’accès aux énergies propres ;
- d'échanger sur les expériences/bonnes pratiques de mise en oeuvre.
« Cette initiative ambitieuse lancée aujourd'hui réunit tous les pays volontaires autour de projets concrets. Elle devra s'appuyer sur un élan politique et mobiliser l'ensemble des acteurs économiques, industriels et principaux bailleurs de fonds » a déclaré la ministre française.
« Cette initiative aidera à créer la confiance nécessaire pour engranger des progrès importants d’ici la COP17 de Durban. Elle créera également une dynamique utile pour permettre au Kenya d’atteindre son objectif de 100 % d’énergies vertes en 2017 » a déclaré le Premier Ministre kényan.
Une première réunion ministérielle sera organisée à Paris en février 2011.
La conférence de Cancun sur le climat aura dégagé 20.000 tonnes de CO2 en douze jours, alors qu'elle réunit 193 pays pour réfléchir au moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre.Hôtels de luxe, autobus qui transportent les 20.000 participants au sommet de Cancun (Mexique), air conditionné, systèmes de communication... Au total, 20.000 tonnes de CO2 auront été dégagées durant toute la période du sommet de Cancun, soit l'émission moyenne par an de 1050 Américains...
Une empreinte carbone que le ministère mexicain de l'Environnement promet de compenser. Tout a été calculé, a-t-il assuré hier.
Malgré tout, une précision est nécessaire : ce bilan ne prend pas en compte le transport par avion des délégués, ministres, membres des ONG et journalistes qui ont fait le déplacement depuis les quatre coins du monde.
« S'il n'y a pas de compromis sur la réduction des gaz à effet de serre, l'Etat bolivien veut déposer plainte contre les pays développés (...) devant la Cour internationale de Justice de la Haye, la plus haute autorité judiciaire de l'ONU », a déclaré l’ambassadeur.
Les participants à la conférence de Cochabamba souhaitent la création d'un « tribunal de justice climatique » pour faire payer les délits contre l'environnement. Ce projet, qui vise les pays industrialisés, a été initié par Evo Morales, le président mexicain.
« Tôt ou tard, ces pays finiront par accepter l'idée d'un tribunal pour crimes contre l'environnement », a affirmé le président mexicain. « Nous devons agir avec les mécanismes légaux existants pour prouver le non-respect par les pays de la Convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique et le Protocole de Kyoto », a déclaré Pablo Solon.
CANCUN —Donner un prix aux arbres pour cesser de les couper, et ainsi en finir avec l'une des activités les plus néfastes pour le climat: discuté de longue date, ce mécanisme a enfin été lancé à Cancun (Mexique), mais laisse ouvertes des questions cruciales, comme celle de son financement.
Le but est d'amener les pays qui abritent de précieuses forêts tropicales, comme le Brésil, l'Indonésie ou les pays du bassin du Congo, à éviter de les couper ou à les gérer de manière durable, en leur versant des compensations financières.
Car déboiser génère environ 20% des émissions globales de gaz à effet de serre , à l'origine du changement climatique,or quelque 13 millions d'hectares de forêt, (La superficie de la France, y compris l' outremer est de 670 922 km²), disparaissent chaque année dans le monde. La conférence des Nations unies sur le climat, qui a réuni 193 pays s'est conclue par un accord limité sur une série de mécanismes pour lutter contre le réchauffement climatique, dont un Fonds vert destiné à aider les pays en développement.
Le but est d'amener les pays qui abritent de précieuses forêts tropicales, comme le Brésil, l'Indonésie ou les pays du bassin du Congo, à éviter de déboiser et à les gérer de façon durable, en leur versant des contributions financières.
Le mécanisme REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts) a été adopté samedi, dans le cadre d'un accord plus large sur le changement climatique,.
La ministre mexicaine des Affaires étrangères et présidente de la conférence Patricia Espinosa a présenté un texte de compromis ayant recueilli le soutien de la majorité des pays représentés, à l'exception de la Bolivie qui l'a jugé insuffisant.
Les décisions sont habituellement prises par consensus mais le texte n'en a pas moins été adopté. Le consensus "ne signifie pas qu'un pays a le droit de veto", a souligné Patricia Espinosa.
Un an après l'échec de la conférence de Copenhague, la réunion visait à relancer le processus de négociations internationales. La prochaine conférence de l'ONU sur le climat aura lieu à Durban en Afrique du Sud.
La principale avancée du sommet de Cancun concerne la création d'un Fonds vert pour aider les pays en développement à s'adapter et à lutter contre le réchauffement. Les pays les plus riches ont promis 100 milliards de dollars (75 milliards d'euros) par an d'ici 2020, mais le texte adopté à Cancun ne précise pas comment le Fonds sera financé. Cela fera l'objet de discussions ultérieures, tout comme le dossier d'un système de compensations pour lutter contre la déforestation.
L'avenir du protocole de Kyoto, qui expirera fin 2012, était l'un des grands enjeux de la conférence de Cancun. Les pays participants sont convenus de poursuivre à Durban, en 2011, les discussions sur le traité conclu en 1997, qui engage les pays développés à réduire de 5,2% en moyenne leurs émissions. Les Etats-Unis ont refusé de le ratifier au motif qu'il n'imposait pas aux économies émergentes comme la Chine et l'Inde de limiter leurs émissions.
Le président bolivien Evo Morales a pris la défense de ce texte, auquel les pays en développement sont très attachés. "Si nous mettons le protocole de Kyoto à la poubelle, nous serons responsables d'un écocide et d'un génocide car nous enverrons des gens à la mort", a-t-il lancé devant les 15.000 délégués, militants et journalistes participant à la conférence.
Aux termes de l'"Accord de Copenhague" , 85 pays se sont engagés à réduire ou freiner leurs émissions d'ici 2020, mais ces promesses ne sont ni contraignantes ni même suffisantes pour limiter le réchauffement à deux degrés Celsius, comme le préconisent les scientifiques.
Cancun, a de son côté estimé Greenpeace, est un "grand bond pour le multilatéralisme" et un "petit pas pour le climat".
Les gouvernements, note l'organisation écologiste, "ont reconnu le fossé entre les objectifs actuels de réduction des émissions et ceux dont ils devraient se doter. Ils ont aussi affirmé que ces objectifs doivent s'aligner sur la science (soit 25 à 40% de réduction d'ici à 2020), et la nécessité de limiter l'augmentation des températures sous la barre des 2 C".
Mais sur la "question clef des financements", il "manque encore le mécanisme à même de fournir" l'argent pour alimenter le Fonds vert. "Pour l'heure, c'est une coquille vide", déplore Greenpeace.
"REDD+ est la meilleure opportunité possible pour conserver les forêts tropicales à travers le monde et améliorer la qualité de vie de ceux qui en vivent", assure à l'AFP Virgilia Viana, directeur de la Fondation pour une Amazonie durable (FAS) qui soutient, au coeur du Brésil, un projet pilote REDD.
Il en existe déjà dans le monde, financés dans le cadre de partenariats bilatéraux ou multilatéraux, mais la décision sur REDD+ permet de poser un cadre commun et donner, à terme, une autre ampleur à ce mécanisme.
Pour Duncan Marsh, directeur du département climat au sein de l'ONG Nature Conservancy, "elle va établir des règles sur la façon dont REDD+ fonctionnera à l'avenir".
"C'est juste un début, le défi maintenant est dans le détail", commentait, de son côté, Rosalind Reeve, directeur de la campagne forêt à Global Witness.
Le problème central demeure le financement. Actuellement, il n'est question que de préparer le terrain dans ces pays: photos satellites des forêts, adoption de lois... Mais, à terme, ce mécanisme coûtera des dizaines de milliards par an.
L'option du marché du carbone soutenue par de nombreux pays comme les Etats-Unis n'apparaît pas dans le texte, mais n'est pas non plus exclue.
Une option à laquelle s'oppose catégoriquement Greenpeace qui explique qu'un investissement dans un projet REDD+ se ferait alors au détriment d'un autre projet ailleurs, alors qu'ils devraient s'additionner.
Se pose aussi la question de la protection des populations autochtones qui vivent dans et de la forêt. Au nom de la conservation de la forêt, on pourrait leur imposer des choix contraires à leurs intérêts vitaux: monoculture dans le cadre du reboisement, ou encore leur interdire la chasse dans des zones protégées.
Pour les protéger, l'accord de Cancun prévoit des "clauses de sauvegarde" qui ont été poussées par la Bolivie. Mais comment pourra-t-on vraiment s'assurer qu'elles sont respectées, tout en respectant "la souveraineté" des pays forestiers comme le prévoit le texte?
Autre point sensible: comment éviter, si on promeut des projets REDD+ et non une logique nationale, "de ne faire que déplacer le problème à la région voisine"?, demande Jérôme Frignet.
CHINE
Le chef de la délégation chinoise, Xie Zhenhua s'est entretenu avec le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Xie a déclaré que la Chine ainsi que l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud avaient adopté une attitude flexible et espéraient que des progrès substantiels pourraient être réalisés en matière d'aide financière et de transferts de technologies.
Xie a insisté sur le fait que l'absence de progrès à Cancun représenterait un danger pour le multilatéralisme onusien.
La Chine a proposé , pour la première fois, de soumettre ses objectifs volontaires en termes d'émissions de dioxyde de carbone à une résolution onusienne contraignante, ce qui relance les négociations sur les changements climatiques à la conférence internationale de Cancun.
L'objectif que s'assignera la Chine, plus gros pollueur de la planète, restera volontaire, a souligné le négociateur en chef chinois Xie Zhenhua, ce qui distingue la démarche de Pékin des objectifs assignés aux pays industrialisés par le protocole de Kyoto.
La proposition des Chinois de traduire un engagement volontaire qu'ils ont déjà pris en une résolution contraignante des Nations unies est un compromis qui, espère Pékin, encouragera les pays industrialisés à prolonger le protocole de Kyoto, sujet sur lequel butent les négociateurs à Cancun.
"Nous pouvons créer une résolution et cette résolution pourra être contraignante pour la Chine", a déclaré Huang Huikang, émissaire du ministère chinois des Affaires étrangères pour les questions de changement climatique.
"En vertu de la Convention (des Nations unies sur le climat), nous pouvons aussi avoir une décision juridiquement contraignante. Nous pouvons discuter de sa formulation précise. Nous pouvons faire des efforts dans le cadre d'efforts internationaux", a-t-il ajouté. "Nous sommes désireux de trouver un compromis, nous aspirons à jouer un rôle positif et constructif, mais sur la question (du protocole de Kyoto), on ne peut pas transiger", a-t-il continué.
Les pays émergents veulent que soit prorogée la première phase du protocole de Kyoto (2008-2012), qui engage près de 40 pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).
Le protocole de Kyoto ne fixe d'objectifs contraignants qu'aux pays les plus riches de la planète, les pays émergents en étant exonérés. Nombre de pays industrialisés, comme le Japon, la Russie et le Canada, souhaitent la conclusion d'un traité qui engage l'ensemble des pays du monde, y compris les pays émergents, à des objectifs contraignants en matière de réduction des GES.
"Tous les pays doivent prendre des engagements contraignants sous une forme légale appropriée", a déclaré M. Ramesh en marge des négociations internationales sur le climat dans la station balnéaire mexicaine.
"L'Inde ne pense pas qu'elle est prête à signer un accord juridiquement contraignant à ce stade car nous ne savons pas quel serait le contenu de cet accord, quelles seraient les sanctions en cas de non-respect, quel serait le système de contrôle", a-t-il aussitôt ajouté. "Donc, attendons et reparlons-en", a-t-il ajouté.
L'Inde a jusque là, comme la Chine, toujours rejeté l'idée de signer un accord juridiquement contraignant concernant ses émissions de gaz à effet de serre, mettant en avant la responsabilité historique des pays développés dans l'accumulation de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
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