



Six autres villageois ont réchappé de justesse à l'attaque. Quelques jours plus tôt, plus au sud de l'île, un paysan récoltant du caoutchouc avait été tué par deux tigres de Sumatra. Trois victimes en une semaine dans une région où la cohabitation entre humains et animaux devient de plus en plus difficile. En cause : la déforestation.

(oui, mauvaise)| La déforestation est une tendance mondiale alarmante. Vaste sujet d'inquiétude aux causes et aux effets très divers Perte nette annuelle, après régénération et nouvelles plantations : 80 000 km². Particulièrement concernés, les trois principaux bassins forestiers du Sud : l’Amazonie, l’Afrique centrale et la zone Malaisie/Indonésie. |
![]() | Chaque année, l'Afrique perd quatre millions d'hectares de forêt, une régression plus de deux fois supérieure à celle connue en Amazonie, plus médiatisée. L'aridité, elle, progresse. Pourtant, les efforts réalisés ici ou là montrent des effets bénéfiques très nets. |
En Ouganda, les glaciers des monts Rwenzori ont réduit leur volume de 50% entre 1987 et 2003.
trente-six années d’expansion démographique,aggravant la croissance des villes qui remplacent peu à peu la campagne verdoyante, l’empiètement régulier des exploitations agricoles sur les zones protégéesqui réduisent celles-ci, mais aussi la dérive des polluants au-delà des frontières des pays qui en sont responsables, la pression sur l’environnement provoquée par les camps de réfugiés, etc. ont fait de cette région une des région les plus sinistrée
Un effort réel de gestion de l’environnement est néanmoins perceptible dans de nombreux cas, entre autres :
Achim Steiner, sous-secrétaire général des Nations Unies et directeur exécutif du PNUE, se réjouit de constater que dans les zones où la dégradation des terres a été contrée et où les zones naturellement humides reviennent, les arbres sont en nette augmentation. La revitalisation des terres effectuée dans la province de Tahoua, au Niger, a généré une augmentation de la densité arboricole dans un rapport de 1 à 10, voire 20 par rapport aux années 1970.
De nombreux pays africains, conscients du problème, ont considérablement augmenté le nombre de leurs zones protégées. On en compte maintenant plus de 3.000. Mais les grands soucis majeurs restent la perte des forêts, préoccupation principale de 35 pays comme la République Démocratique du Congo, le Malawi, le Nigeria et le Rwanda La dégradation des terres préoccupe aussi de nombreux gouvernements, tels ceux du Cameroun, d'Erythrée et du Ghana.
Le résultat de ces actions et de la pression exercée par l’Homme sur l’environnement est à peine concevable. Lorsqu’on parle de déforestation, l’Amazonie est généralement citée en exemple avec la destruction de 1,7 million d’hectares de forêts par an. Pourtant, en Afrique, ce sont 4 millions d’hectares qui disparaissent chaque année dans l’indifférence générale.
![]() | Il est établi que 98% des forêts tropicales d’Indonésie pourraient disparaître d’ici 2022, mettant en danger toute la faune qui dépend de cet écosystème, et particulièrement l’orang-outang, qui est le plus menacé des grands singes. L’orang-outang de Bornéo (45.000 à 69.000 individus selon les dernières estimations) est classé en danger d’extinction par l’UICN alors que l’orang-outang de Sumatra (7.300 individus) est classé en danger critique d’extinction. Ce primate n’est hélas pas le seul animal à pâtir de cette situation. On recense ainsi seulement 400 à 500 tigres de Sumatra, 300 rhinocéros de Sumatra, et les deux sous-espèces forestières de l’éléphant d’Asie, qui vivent à Bornéo et Sumatra, connaissent également une réduction alarmante de leurs effectifs |
A court terme, cette exploitation intensive pourrait sonner le glas des parcs. L’Europe, l’Asie et l’Amérique du nord sont les principaux marchés pour le bois en provenance d’Indonésie.
La biodiversité et les communautés locales sont les premières victimes de ce désastre qui ne profite, dans une large majorité qu’aux compagnies forestières, c’est-à-dire les multinationales.
Les forêts d’Asie du Sud-Est rendent à l’humanité de nombreux services notamment grâce à leur capacité de stockage du carbone et à leur capacité à réguler le climat. Elles constituent surtout le lieu de vie des populations locales et des peuples autochtones, qui en dépendent aussi bien pour leur alimentation, leur approvisionnement en eau potable, leur médecine ou leur spiritualité. L’archipel indomalaisien abrite des centaines de communautés indigènes qui vivent de la forêt depuis des milliers d’années. Sur 216 millions d’indonésiens, 100 millions de personnes qui dépendent des forêts sont directement menacés par la déforestation.
L’extension de la culture de palmier à huile est considérée comme la principale menace actuelle et à venir pour les forêts d’Asie du Sud-Est : en Malaisie, le développement des plantations de palmier à huile est responsable de 87% de la déforestation entre 1985 et 2000.
En 2020, en Indonésie, la superficie des plantations de palmiers à huile pourrait avoir triplé et atteindre 16,5 millions d’hectares.
La culture du palmier à huile est une culture d’exportation : l’Europe est le premier importateur mondial d’huile de palme, un ingrédient discret que l’on retrouve dans de très nombreux produits alimentaires ou d’utilisation courante.
L’extension massive des cultures de palmier à huile pour la fabrication d’agrocarburants pourrait entraîner la destruction des dernières forêts primaires d’Asie du Sud-Est.
Le succès de l’huile de palme
Toutes les 10 secondes, une superficie de forêt équivalente à un terrain de football disparaît en Indonésie, menaçant la biodiversité et les populations locales qui en dépendent notamment pour leur alimentation. 90% des forêts mondiales sont concentrés dans 44 pays. Parmi eux, l’Indonésie, qui possède aussi près de 80% des dernières forêts tropicales primaires d’Asie du sud-Est, est celui dont le rythme de déforestation est le plus rapide au monde. De nombreuses causes sont à l’origine de cette situation, néanmoins, l’extension de la culture de palmier à huile est considérée comme la plus importante, avant même l’exploitation des forêts pour le bois et la pâte à papier.
En 2005, l’Indonésie et la Malaisie ont, à elles seules, été à l’origine de 86% de la production mondiale d’huile de palme. Entre 1985 et 2000, le développement des plantations de palmier à huile a été responsable de 87% de la déforestation en Malaisie. Parfaitement adaptée à différents usages, cette huile végétale est utilisée dans la production d’un grand nombre de produits d’usage quotidien dans des secteurs aussi divers que l’alimentaire, les cosmétiques ou les produits ménagers. La demande d’huile de palme a été multipliée par six depuis le milieu des années 80.